Henri de SAINT-DELIS
(1878 - 1949)

Henri Liénard de Saint-Delis est né le 4 avril 1878 à Marconne, dans le Pas-de-Calais. Au Lycée du Havre, le professeur de dessin relève les talents peu communs des frères de Saint-Delis comme d'Othon Friesz.

Le passage de Henri à l'École Municipale des Beaux Arts du Havre sous l'autorité clémente et éclairée de Charles Lhullier le marquera bien plus que son séjour inassidu à l'Académie Jullian (de Paris). Il revient d'ailleurs le plus souvent possible au Havre pour y peindre les bassins, les quais et les jetées à toutes les heures du jour.

Sa personnalité indépendante fait qu'il n'adhère pas intégralement au fauvisme. Malgré l'effet d'entraînement de Dufy, Friesz et Marquet, il cherche un art de synthèse, et crée une écriture propre, fauve, baroque et poétique à la fois. En 1908, sa santé le conduit à Leysin en Suisse, village d'altitude spécialisé dans les soins en rapport avec la tuberculose ; son non-conformisme de style se trouvera renforcé par ce nécessaire isolement. Il donnera surtout durant cette longue période d'exil - qui durera jusqu'en 1920 - des neiges d'une belle authenticité.

Henri exposera au salon d'Automne en 1910 et au Salon des Indépendants de 1907 à 1910. Membre fondateur du Cercle de l'Art Moderne havrais (comme son frère), il sera présent aux quatre expositions. De plus, il présentera ses œuvres très régulièrement dans toutes les galeries havraises (Maury, Lebas, et Beuzebosc) et fréquemment dans le hall du journal La Cloche. Des expositions à Rouen intervinrent également, soit en galerie, soit lors des Salons des Artistes Rouennais ou des Artistes Normands.

À son retour de Suisse, il se fixe à Honfleur, se consacrant à la peinture et surtout à l'aquarelle, dans le cadre d'une vie plutôt ascétique. Il représente inlassablement le Vieux Bassin et la Côte de Grâce, l'estuaire et les bateaux, la plage et les fêtes, des tempêtes spectaculaires et des natures mortes sereines, avec - chaque fois qu'il le peut - des drapeaux colorés. Il compte quelques amis peintres : Othon Friesz qui est revenu à Honfleur, Henri Malançon, Raymond Bigot et Paul Élie Gernez ; il a aussi une petite cohorte d'élèves fidèles.

Les privations de la guerre finiront de l'épuiser et sa production des dernières années est assez piètre. Lors des bombardements du Havre, une partie non négligeable de son œuvre est détruite, ce qui l'affecte considérablement. Il s'éteint à Honfleur le 15 novembre 1949.

Beaucoup de pages de la vie de Henri restent en partie blanches. Toute contribution qui permettrait de les écrire serait du plus grand intérêt.

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