Géo DUPUIS
(1874 – 1932)

Georges (Géo) Dupuis est né au Havre le 21 janvier 1874 dans un milieu où l'art n'infusait pas. Sa jeunesse havraise est celle de l'apprentissage de métiers manuels, tandis qu'il suit quelques cours à l'École des Beaux-Arts de la ville.

La rencontre avec un bienveillant chirurgien-dentiste havrais, et les encouragements d'un camarade de classe semblent l'avoir décidé, à 17 ans, à consolider sa formation artistique à l'École des Arts Décoratifs de Paris. Le fait d'avoir à exercer en parallèle un métier de subsistance, son caractère timide et son tempérament solitaire font qu'il ne se lie guère aux autres étudiants, même si une amitié avec le grenoblois Jules Flandrin est avérée. Protestant, converti au catholicisme par Léon Bloy – parrain d'une de ses filles – il s'éloignera plus tard de ce maître spirituel tellement impétueux et si peu conciliant.

La singulière acuité de ses dessins est promptement remarquée ; dès 1901, Alfred Humblot, directeur des éditions Ollendorff lui confie l'illustration d'ouvrages, qui s'enchaînent à raison de deux ou trois par an (Guy de Maupassant, Jean Lorrain, Jules Claretie, parmi d'autres). Le style de Géo Dupuis n'est pas complètement étranger à celui d'Honoré Daumier ou de Théophile-Alexandre Steinlen, mais ses dessins denses et expressifs, sont extraordinairement novateurs ; leur ardente sensibilité va bien au delà d'une banale affectivité.

Le soulagement de se retrouver dehors - Dessin ; circa 1902

Le soulagement de se retrouver dehors - Dessin ; circa 1902

À Paris, dans son logis du Quai de la Tournelle, il dessine à un rythme soutenu et s'adonne en secret à la peinture, faisant preuve, là encore, d'une grande exigence. Il exposera sur une période assez brève au Salon des Indépendants, au fameux Cercle de l'Art Moderne du Havre, et de temps à autre à la Galerie Maury au Havre. Ses huiles sur toile (natures mortes, quais du Havre, scènes intimistes), montrent au départ quelque parenté avec les œuvres de Raoul Dufy ou Albert Marquet, mais glisseront ensuite vers l'esprit de Maurice de Vlaminck et surtout d'André Derain.

Femme dans le soleil Huile sur toile ; circa 1909

Femme dans le soleil - Huile sur toile ; circa 1909

Et puis subitement, il décide de quitter Paris et de regagner sa ville natale avec son épouse et ses deux filles. Il continuera à illustrer quelques livres ou revues, à donner de belles couvertures à des ouvrages ou pièces de théâtre, mais à un rythme plus tempéré. La Grande Guerre apportera une césure à ses activités, et il jonglera ensuite entre des cours de dessin et le métier d'antiquaire. Il s'éteint au Havre le 24 décembre 1932, la presse locale ne l'annonçant que sobrement.

La vie cachée de Géo Dupuis fait que très peu d'éléments de sa trajectoire sont connus. Seule une poignée de peintures est situable. La moindre contribution, tant bibliographique qu'iconographique serait à cet égard, d'une aide particulièrement précieuse.

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