Gaston PRUNIER
(1863 – 1927)

Gaston Prunier est né le 19 janvier 1863 au Havre. Il relève de la cohorte nombreuse des élèves de Charles Lhullier à l'École des Beaux-Arts du Havre. Quant à ses maîtres parisiens, on retiendra surtout Alexandre Cabanel.

Il fait partie, en 1891, des tout premiers exposants de la galerie parisienne Le Barc de Boutteville qui offre ses cimaises aux jeunes peintres d'avant garde. En 1893, il présente au Salon (de Paris) les gravures de l'album « À travers Le Havre ». L'année 1894 lui offre une certaine reconnaissance avec le Salon des Cent et une première exposition au Salon des Indépendants. Dès lors, il ne cessera d'exposer à la Société Nationale des Beaux-Arts (de 1898 à 1925) et aux Indépendants (jusqu'en 1907). Au Havre, il présentera ses œuvres de 1897 à 1909, y compris lors des deux premières expositions du Cercle de l'Art Moderne. En matière de galeries, il fut retenu par celles du Havre, mais aussi par les galeries parisiennes Samuel Bing, Allard, Le Barc de Boutteville, Berthe Weill, Devambez et Georges Petit.

Le quai de Javel (1905)

Le quai de Javel (1905)

Gaston Prunier a peint – dans un premier temps - Le Havre (quais et bassins) et ses environs (Graville, La Hève, Sainte-Adresse, les falaises cauchoises). Il aima ensuite représenter les quartiers et les banlieues de Paris (le canal Saint-Martin ou les Buttes-Chaumont ; Auteuil, La Villette, Billancourt, Grenelle ou Javel). Il vécut un temps à Londres, alentour de 1905), où il donna des œuvres raffinées.

Dans la plupart des œuvres de Gaston Prunier, le social est présent sous la forme d'un militantisme qui prend volontiers les couleurs de l'utopie. Sans doute, pour lui comme pour Diderot, un tableau qui ne dit rien à l'âme est une mauvaise œuvre ; alors il y a fréquemment une sorte de communion entre les personnages de ses tableaux, une communion morale.

Un élément important chez Gaston Prunier, c'est la hauteur et la richesse des tons, des accords parfois insolites dans une audace parfaitement assumée. Les angles de vue sont réellement inaccoutumés, en contre-plongée dans de nombreuses œuvres, ce qui l'amène à placer les horizontales en des situations inusuelles. On a là un peintre qui semble défier sans cesse l'Académisme.

Gaston Prunier aimait les Pyrénées, et tout particulièrement Saint Palais, dont son épouse était originaire ; il en a d'ailleurs décoré l'église. Il est pourtant revenu au Havre où il est mort le 22 octobre 1927. Les œuvres de Gaston Prunier ne sont pas rares ; pourtant sa vie reste extraordinairement méconnue, ce qui est peut-être dû au fait qu'il soit antérieur d'une quinzaine d'année à la génération des fauves havrais. Toute aide ou contribution serait à cet égard d'une réelle utilité.

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